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ENVIRONNEMENT : ET SI ON ADOPTAIT UN PLAN VERT POUR UNE SOCIETE PLUS DURABLE ET PLUS JUSTE…

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Au Bénin, le réchauffement climatique fait grand bruit et le constat est perceptible. Un tour dans les grandes villes, Cotonou, Porto – Novo, Parakou… et la chaleur ambiante est intolérable surtout en temps de saison sèche, de quoi cuire un œuf sans feu, sans fausse modestie. Belle alternative, la climatisation, une prouesse technologique qui semble prendre le dessus sur les solutions naturelles, pourtant moins coûteux et plus bénéfique pour la couche d’ozone !

On s’en souvient, il y a encore une vingtaine d’année en arrière, nos rues étaient bordées d’arbres ombrageuses offrant une promenade tranquille aux uns et un parcours moins pénible aux autres. La beauté de cette verdure était une fierté et une identité authentique de notre proximité de la nature et du naturel, office d’une excellente qualité de vie et de longévité.

Nos établissements d’enseignements avaient leur champs et les fameux gazons à entretenir par les indélicats comme punition. C’était l’époque des jardins publiques où on pouvait se divertir, prendre du bon air, réviser ou lire un roman, et pour les plus habiles, un excellent lieu de rendez-vous ! Certes on passait des temps chauds compensés par le vent distillé par l’arbre de la cours quand on laisse les fenêtres ouvertes, un repos mérité à l’ombre du Nimier ou du kolatier au coin de la rue…

Puis vint l’air des hauts cadres (Akowé), qui veulent réinventer les modes de vie pour paraître supérieur. Ils empruntent les termes comme « la révolution technologique, la mondialisation, la globalisation… ». Ils veulent civiliser leur pair, transformer les localités en métropole ultramoderne, vivre au-dessus des occidentaux (les Yovos). Sous nos yeux ils ont détruits les arbres pour implanter des bitumes, des building, des vastes espaces bétonnés, pavés ou goudronnés servant de place publique. Ils ont exportés à grand frais les appareils de climatisation, les réfrigérateurs etc…

Vingt ans plus tard, la nécessité d’un retour en arrière s’impose avec acuité. Les intellectuels enchainent recherches, colloques, séminaires pour faire comprendre cette nécessité pour sauver la planète. De grand fond sont mis à disposition pour réimplanter les arbres et jardins, restaurer ce qui a été volé à la nature avec malignité. Alors qu’ils ont passé le temps et leur énergie à inculquer à la génération actuelle que leur mode de vie était synonyme d’un niveau de vie élevé, ils veulent aujourd’hui à coup de lois et de milliard exiger le contraire.

Pourtant, si au cœur de la population la mayonnaise prend, les gouvernants ne semblent pas suivre le pas. En effet, nos rues continues d’avoir des trottoirs bétonnés, les espaces publiques continuent d’être pavées, les réserves naturelles continuent de faire l’objet de projets urbains modernes au détriment de la nature, les espaces verts se font de plus en plus rares et les plans de développement s’exécutent pour engranger des parts de marchés et non pour le bonheur des populations.

Le Bénin, parti à plusieurs accords internationaux sur l’environnement et la protection des espèces en voie de disparition, s’est doté d’un arsenal juridique impressionnant sur l’environnement depuis les années 1960 :

[Constitution de la République du Bénin (1990) ; Loi N°2022-36 du 10 juillet 2023 portant gestion des produits chimiques et de leurs déchets en République du Bénin ; Loi N° 2022-04 du 16 février 2022 sur l’hygiène publique en République du Bénin ; Loi N°2021-04 du 08 juillet 2021 portant protection et règles relatives au commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction en République du Bénin ; Loi N°2018-18 sur les changements climatiques ; Loi N°2017-39 sur les sachets plastiques ; Loi N° 2011-040 portant autorisation de ratification de l’accord portant création l’amendement de la convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et leur élimination, adopté à Genève (Suisse) le 22 septembre 1995 ; Loi N°2009-17 portant modalités de l’intercommunalité ; Loi N°98-30 portant Loi-cadre sur l’environnement ; Loi N° 87-015 portant Code de l’Hygiène Publique ; Loi N° 87-014 portant réglementation de la protection de la nature et de l’exercice de la chasse en République Populaire du Bénin ; Loi N° 64-22 autorisant le Chef de l’Etat à ratifier le traité portant interdiction des expériences des armes nucléaires dans l’atmosphère, dans l’espace et dans l’eau ; Décret 97-616 portant Application du Code Hygiène Publique, Décret n° 2022-390 du 13 Juillet 2022 portant organisation des procédures de l’évaluation environnementale et sociale en République du Bénin ; Décret N«2001-190 portant Organisation de la procédure d’audience publique ; Décret N«2001-235 portant Organisation de l’étude d’impact environnementale ; Décret N°97-624 portant structure, fonctionnement et composition de la police sanitaire ; Décret N°2001-035 portant sur les Conditions d’élaboration de l’audit environnemental ; Décret N°2001-095 portant Création, attribution et fonctionnement de la cellule environnementale, Décret N°2001-110 fixant les normes de qualité de l’air ; Décret N°2001-294 portant réglementation du bruit ; 1995-Arreté règlementant les activités de vidange Bénin ; 1995-Arreté règlementation activités de collecte et d’élimination des déchets solides Benin 1995], pour ne citer que ceux-là.

En dépit de ces dispositions, la situation semble stagner, en effet, combien de communes du Bénin prévoit dans son Programme de Développement Communal un plan vert pour revégétaliser les villes et leurs redonnées cette fraicheur et cette beauté naturelle d’antan ? Combien d’universités et d’écoles, de lycées et collèges, de ministères et d’instituts, de musées et d’espaces ouverts, disposent d’un plan vert pour le bonheur des usagers ?

Notre sondage à cet effet nous laisse muet ! Il y en a qui ne savent même pas ce qu’est un plan vert pendant que certains nous répondent ironiquement, « Qu’est-ce que ça nous rapporte ? ». Acteurs de premier rang du développement durable, artisans chevronnés de la lutte contre le changement climatique, politiciens de haut niveau… Et le Plan Vert ?

Le poids du réchauffement climatique, à l’heure de la destruction massive de la couche d’ozone par l’émission des gaz à effet de serre, corollaire de l’utilisation des machines polluantes doit nous interpeller tous, et plus encore les gouvernants à tous les niveaux, du village au quartier de ville, de l’arrondissement à la commune, de la région au pays, des campagnes aux métropoles.

Et si on adoptait un plan vert pour une société plus durable et plus juste…

@Sinclair Bellonne

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