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CONSEIL PRATIQUE : LES KYSTES, FAUT – IL PANIQUER ?

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Des kystes, petites grosseurs anormales contenant du liquide, se développent parfois au niveau d’un ovaire. Ils sont soit fonctionnels et transitoires, influencés par les sécrétions hormonales du cycle menstruel, soit organiques. Les kystes de l’ovaire sont le plus souvent bénins.

Par Sinclair Bellonne

Le kyste ovarien, qu’est-ce que c’est ?

Le kyste ovarien correspond à un sac rempli de liquide qui se développe sur ou dans l’ovaire. Les femmes sont nombreuses à souffrir au cours de leur existence d’un kyste ovarien. Les kystes ovariens, souvent indolores sont très fréquents et rarement graves.

La grande majorité des kystes ovariens sont dits fonctionnels et disparaissent avec le temps, sans traitement. Toutefois, certains kystes peuvent se rompre, se tordre, grossir beaucoup et entraîner des douleurs ou des complications.

Les ovaires se situent de part et d’autre de l’utérus. A chaque cycle menstruel, un ovule sort d’un follicule ovarien et se dirige vers les trompes de Fallope pour être fécondé. Dans l’ovaire une fois l’ovule expulsé, se forme alors le corps jaune qui produit une grande quantité d’œstrogène et de progestérone en préparation de la conception.

Les différents types de kystes ovariens

Tous les kystes ne présentent pas de symptômes. Ils peuvent être découverts à l’occasion d’un examen gynécologique de routine. Les kystes peuvent être de deux natures : Fonctionnels et Organiques.

Kystes ovariens fonctionnels

Dans 90% des cas, il s’agit de kystes fonctionnels. Ils sont dus à une stimulation ovarienne excessive au cours du cycle menstruel. On en distingue deux types :

  • le kyste ovarien folliculaire
    provient de l’évolution inhabituelle d’un follicule;
  • le kyste ovarien lutéal
    correspond quant à lui à une augmentation du volume du corps jaune.

Ils peuvent apparaître tout au long de la vie, avec cependant une prédominance entre la puberté et la ménopause.

Ces kystes fonctionnels sont a priori bénins : un lien éventuel avec le cancer de l’ovaire n’a jamais été démontré. Ils peuvent régresser spontanément (dans 90% des cas) ou sous l’effet d’un traitement médical. S’ils apparaissent au début de la grossesse, «il est recommandé de ne pas y toucher pendant le 1er trimestre» précise le Dr François Goffinet, gynécologue-obstétricien à la Maternité de Port Royal à Paris.

Kystes ovariens organiques

Les kystes organiques se caractérisent par des végétations internes, un diamètre supérieur à 6 cm, une partie solide et une paroi épaisse. Ces critères permettent d’évaluer leur évolution (bénigne ou maligne). Le dépistage est important : s’il s’agit d’un kyste malin, la précocité du diagnostic influe directement sur les chances de guérison. Il existe 4 types de kystes organiques:

  • Les kystes séreux : contenant uniquement du liquide fluide et ayant une paroi fine ;
  • les kystes mucoïdes ou mucineux : à la paroi plus épaisse, renfermant un liquide plus dense et composés de plusieurs cavités ;
  • Les kystes dermoïdes : pouvant contenir de la graisse et des parties calcifiées, leur structure cellulaire est semblable à celle de la peau ;
  • Les kystes endométriosiques : ayant une paroi épaisse parcourue de vaisseaux sanguins. Remplis de liquide et de sang, ils sont liés à l’endométriose.

Quelle est la cause d’apparition d’un kyste ovarien ?

Parmi les causes des kystes fonctionnels, il y a :

  • Le fonctionnement normal des ovaires (influencé par les sécrétions hormonales du cycle menstruel)
  • La prise de médicaments stimulants ovariens utilisés lors d’une procréation médicament assistée (PMA). Dans ce cas, plusieurs kystes peuvent coexister.
  • L’administration de tamoxifène (un anti-cancéreux parfois prescrit après un cancer du sein)
  • La pose d’un stérilet hormonal contenant du lévonorgestrel (chez 12 à 30 % des femmes, dans les premiers mois suivant la pose)
  • La prise de certaines pilules, notamment les microdosées

Parmi les causes des kystes organiques, il y a :

  • Des causes dépendantes de la nature de la tuméfaction
  • L’endométriose
  • La persistance de cellules immatures dans l’ovaire.

Quels sont les symptômes d’un kyste à l’ovaire ?

Un kyste de l’ovaire peut rester asymptomatique ou provoquer des symptômes. Quand il est symptomatique, la présence d’un ou plusieurs kystes ovariens peut se manifester par :

  • Des cycles menstruels longs et irréguliers
  • Des saignements en dehors des règles
  • D’une envie fréquente d’uriner si le kyste exerce une pression sur la vessie
  • Des troubles digestifs si le kyste appuie sur l’intestin
  • Des douleurs dans le bas du ventre, notamment une pesanteur ressentie d’un seul côté
  • Des douleurs qui peuvent devenir beaucoup plus intenses et brutales si le kyste provoque une torsion de l’ovaire ou s’il se rompt.

Est-ce qu’un kyste ovarien est dangereux ? Quand s’inquiéter ?

Les kystes de l’ovaire sont le plus souvent bénins et régressent spontanément en moins de deux mois. Environ 10% sont dits «borderline» ou cancéreux. Une prise en charge adaptée sera donc nécessaire. Qu’il soit fonctionnel ou organique, le kyste peut avoir des complications: le kyste peut saigner (hémorragie intra-kystique), se tordre (torsion du kyste), se rompre (rupture du kyste), ou encore s’infecter (abcès ovarien). Il convient donc de consulter rapidement un médecin.

Diagnostic et traitement du kyste ovarien

Le diagnostic se décline en plusieurs étapes :

  1. L’interrogatoire : le médecin traitant (ou gynécologue) interroge la patiente sur ses symptômes et sur ses éventuels traitements en cours. Il note aussi la date de ses dernières règles.
  2. La palpation abdominale : dans la plupart des cas, ce type d’examen ne permet pas de déceler une anomalie.
  3. L’examen gynécologique au spéculum : cet examen permet de vérifier l’état du col de l’utérus. Parfois, au cours de cet examen, le médecin peut décider de réaliser un frottis utérin (prélèvement de cellules sur le col de l’utérus) dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus.
  4. Le toucher vaginal : cet examen permet de rechercher une éventuelle masse, qu’elle soit bénigne (kyste ovarien, fibrome) ou maligne (tumeur de l’ovaire).

Les examens complémentaires

Plusieurs examens complémentaires aident à confirmer le diagnostic tels que :

  1. Une échographie couplée à un doppler : l’échographie va ainsi permettre de visualiser et de décrire le kyste (localisation, taille, contenu plus ou moins liquide, paroi fine ou épaisse, présence de cloisons internes, ) alors que le doppler va servir à analyser les vaisseaux sanguins et la circulation sanguine à l’intérieur du kyste.
  2. Un bilan biologique sanguin: ce bilan va permettre de doser certains marqueurs tumoraux pour caractériser le kyste (bénin ou malin).
  3. Un scanner et/ou un IRM: ces examens sont proposés uniquement dans des cas exceptionnels tels qu’une taille trop importante du kyste ou la suspicion d’une endométriose.

Les traitements proposés

La surveillance médicale

Lorsque la patiente présente un kyste fonctionnel ovarien sans complication grave, une simple surveillance médicale est mise en place. Il n’y a pas nécessité d’instaurer un traitement thérapeutique.

Cette surveillance médicale consiste à réaliser une échographie afin de vérifier que le kyste disparaît bien au bout des 3 cycles menstruels.

D’autres situations nécessitent également cette surveillance telles que:

  • Lors de la prise d’un mode de contraception (orale) qui n’a pas changé, pour s’assurer que le kyste disparaît ;
  • Suite à l’apparition d’un kyste survenant après la pose d’un stérilet au lévonorgestrel ;
  • En cas de traitement par tamoxifène (traitement anti-œstrogène éventuellement prescrit après un cancer du sein).

L’intervention chirurgicale

Lorsqu’il y a développement d’un kyste organique et que des complications surviennent, dans ce cas, une intervention chirurgicale (ponction ou ablation selon l’état de sévérité) est nécessaire.

Voici quelques exemples de complications demandant une intervention chirurgicale en urgence :

  • La torsion de l’ovaire : cette complication survient en cas kyste « lourd » et se manifeste par une importante douleur, accompagnée de nausées ou vomissements.
  • L’hémorragie intra-kystique : cette complication (saignement) se retrouve essentiellement dans les kystes dits fonctionnels.
  • La rupture du kyste de l’ovaire : elle fait suite à une torsion de l’ovaire ou une hémorragie intra-kystique.
  • L’abcès ovarien : cette complication peut intervenir suite à la pratique d’une ponction ovarienne.

La ponction du kyste ovarien

Cette intervention chirurgicale consiste à extraire le liquide (présent à l’intérieur de la poche, définissant le kyste) à l’aide d’une fine aiguille, effectuée par voie endovaginale (en passant à travers le vagin) et échoguidée (guidée par l’échographie).

La ponction est réalisable en cas de kyste contenant uniquement du liquide, ou bien chez les personnes pour lesquelles une opération comporte des risques.

Après l’intervention, une analyse de la substance ponctionnée permet de savoir si des cellules cancéreuses sont présentes. Si c’est le cas, une intervention chirurgicale par cœlioscopie peut se révéler nécessaire.
L’ablation chirurgicale (ou kystectomie ovarienne)

Elle est indiquée :

  • • En cas urgence, c’est-à-dire lorsque le kyste aboutit à des complications (hémorragie intra-kystique, torsion de l’ovaire, etc.) ;
  • En cas de kyste organique ;
  • Pour un kyste fonctionnel qui ne disparaît pas après trois cycles menstruels et qui présente des anomalies (changement de volume, aspect) ;
  • Après une ponction guidée ne réussissant pas à éradiquer complétement le kyste (récidive).

L’intervention chirurgicale se déroule par cœlioscopie. Toutefois, si pendant l’opération, il y a un diagnostic de kyste malin ou des difficultés opératoires se présentent, le chirurgien peut pratiquer une laparotomie (ouverture plus importante de la paroi abdominale).

@LAM/SB

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