News : Assa Cica s’en est allé… le monde culturel Béninois en deuil

La nouvelle est tombée tout à l’heure, le Ministre de la culture s’est fait le porte voix de cette triste nouvelle, sur la page Facebook du Ministère on peut lire:

C’est avec peine que nous venons d’apprendre le décès au CNHU-HKM de Michel Mahouklo KPODAN, mieux connu sous le nom de ASSA CICA.

En cette douloureuse circonstance, je voudrais présenter à la famille éplorée ainsi qu’à tous les acteurs culturels mes condoléances et celles du Ministère en charge de la Culture et souhaiter que l’âme du défunt repose en paix.

Babalola Jean-Michel H. ABIMBOLA

LAM_ASSACICA_2020

Qui est Assa Cica ?

De son vrai nom Michel Mahouclo KPODAN, ce fut un artiste brillant qui, malgré un départ dans la vie des plus difficiles — son enfance fut marquée par les morts successives de son père, de son frère, puis de sa mère, le laissant orphelin — a su illuminer le cœur des Béninois, durant ses années d’activités entre les années 70 et 80. Sa voix haut perchée lui a valu d’être surnommé le rossignol, ou encore d’être souvent comparé à l’un des plus illustres musiciens béninois, Sagbohan Danialou. Son œuvre, toujours empreinte de poésie, parfois sombre, mais souvent romantique, lui a valu les surnoms de « philosophe », ou de « L’homme qui chante l’amour ».

Vous le connaissez certainement!!!!!! C’est le doyen Assa Cica, un grand nom de la musique béninoise des années 70. Il a débuté sa carrière avec le mythique groupe « Poly Rythmo ». C’était avec le morceau « Aga magnon nou Hê dé ». Il a fait la fierté de la musique béninoise avec ses titres remplis d’énigmes, de sagesse, d’amour et de conseils.

Comme en témoigne ce disque éponyme, il a fait ses premières armes au sein du mythique Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou. Sur ce disque vous retrouverez donc un mélange entre la chaleur organique du Poly-Rythmo, les envolées plus poétiques du philosophe, entre les voix de Assa Cica et de Lohento Eskill qui se partagent le lead, et, enfin, entre deux époques, celles des cuivres, et celles des synthés, qui se superposent ici avec adresse.

« L’homme qui chante l’amour », c’est son grand surnom.  » Mi man so gbèmè wé fidé », « Saodo kin lokodé », « É non dé nouwé », « Assou vè nou mi »,  » Sè dé wê do mi »,  » Vi djin vê », Hin ayi ha »,  » Tin ma sa », « Ayato ». Voilà quelques morceaux de son riche répertoire que les béninois ont savouré pendant des années. Sa musique, toujours d’actualité, résiste au temps.

Une Vie d’Abanbon?

Alors que dans les grands salons et les milieux huppés on mesure la réussite de sa jeunesse à la jeunesse de ses chansons, l’artiste croupi dans l’abandon et la misère. Il n’est pas rare de le rencontrer en ville à Cotonou arborant les bars et restaurant pour vendre ces oeuvres pour survivre. Souvent inconnu de la jeune génération, combien de fois ne s’est – il pas fait humilier par les usagers de ces lieux le traitant de clochard et j’en passe…!

Aperçu par « Guide Bénin » le Vendredi 13 Mai 2016 vers 1h du matin sur l’esplanade du Stade de l’Amitié en train de vendre ses propres oeuvres. il s’est confié à l’équipe,


Il parle à peine quand il s’agissait de nous raconter son histoire. « On m’a envoûté pour me faire perdre ma voix » indique t-il, avant d’ajouter que c’était après un appel téléphonique inconnu où son interlocuteur lui indiquait qu’il refuse de mourir à l’instar des gens de sa génération.  » C’est qui? C’est qui? ai-je demandé. La personne raccrocha sans décliner son identité. Juste après l’appel j’ai perdu connaissance. Je me suis retrouvé plusieurs jours après. Ma langue était liée. J’arrivais plus à parler. C’est le début de ma mésaventure. J’ai vu la mort… J’ai eu la vie sauve grâce à Dieu et la bonne volonté du maire Luc Atrokpo. Après cette situation, un autre danger me guettait. C’était un accident de circulation qui a failli m’emporter à nouveau. Dieu merci, je suis toujours vivant ». Apparemment, Assa Cica gêne des intérêts.

Il affirme avoir reçu l’appui du ministre Oswald HOMEKI, il se montre reconnaissant pour les efforts du gouvernement du président Patrice TALON qu’il a vivement remercié et avant cette mandature  le Ministre Soumanou TOLEBA qui lui aprêté main forte.

L’artiste ne meurt pas dit-on, il vit à travers ses oeuvres et sème toujours la joie dans les coeurs, il faut cependant que cette éternité puisse donner joie et vie à l’artiste de son vivant. La question se fait persistante et mérite attention, vivement que les autorités s’y penchent pour que nos artistes vivent dignement…

Par Sinclair FADONOUGBO

 Mai 2020 @ Lyric’Art News /SF

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Une pensée sur “News : Assa Cica s’en est allé… le monde culturel Béninois en deuil

  • mai 23, 2020 à 9:11
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    Repos Éternel 🖤 à l artiste meilleur j aimais écouter. Que Dieu l accueil dans sa maison de lumière. Qu il soit ainsi

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