Hagb€ Gopal Das : je veux demeurer l’ambassadeur de la musique, de la langue goun à l’échelle international…

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« plus l’amour nous moisonne mais le désamour nous empoisonne ». Donc c’est en partageant l’amour qu’on pourra construire un monde meilleur et c’est en restant nous même…

Gopal Das

Lyric’Art : Bonjour monsieur Hagb€ gopal Das! Vous êtes artiste chanteur et votre style musical est le slam. Voudriez- vous bien mieux vous présentez svp?

Hagb€ gopal Das : ( Panégyrique) je suis par nature l’éternel serviteur de Dieu, j’ai compris que je suis un principe complétement différent du corps grossier et corruptible. Je suis une âme spirituelle constamment au service de la personne suprême, alors par le flambeau lumineux de la connaissance j’ai su dissiper les ténèbres née de l’ignorance qui m’empêche de voir le monde réel et de percer ce qui est irréel. On m’appelle Hagb€ gopal Das serviteur des mots, serviteur de Dieu. A l’état civil c’est BAKTHA NOUNAGNON Indra-Das.

Lyric’Art : avez – vous une profession à part le musique ?

Hagb€ gopal Das : je suis monteur de formation, cuisinier aussi mais à plein temps je fais plutôt de la
musique.

Lyric’Art : peut-on connaitre l’origine de votre nom d’artiste ?

Hagb€ gopal Das : déjà « Hagb€ », pour ceux qui savent quand tu viens au Bénin c’est carrément Porto –Novo, la capitale. je suis principalement d’Ekpé, là on appelle tout le monde hagbé, une manière de dire mon frère. donc j’ai gardé ce nom pour montrer que je viens de quelques part mais je le dois aussi à l’un de mes textes intitulé ‘’ hagbé ayi ha toué ni do té’’ et ça a pris comme ça voilà ensuite ‘’ gopal-Das’’ parce que je suis initié a l’art du YOGA donc j’ai gardé le même nom car on ne renonce à ce qu’on est , il faut savoir s’affirmé .

Lyric’Art : quel est votre définition du slam ?

Hagb€ gopal Das : je dirai que je suis du genre à ne pas ajouter les choses parce que d’autres ont déjà
fait et il faut faire avec comme l’a dit Grand Corps Malade « le slam ça reste la scène libre aux mots, une
scène ; un micro ou pas, un public avec qui on partage sa manière de voir, sa philosophie » je n’ajoute rien.

Lyric’Art : à quel moment avez – vous découvert votre passion pour le slam?

Hagb€ gopal Das : il faut dire qu’avant je faisais du rap mais avec le temps j’ai connu le slam juste à ma sortie du monastère j’avais envie de partager avec le monde mes idéaux, ma vision plutôt et j’ai remarqué que le rap ne me permettait pas de dire tout ce que j’avais envie de dire étant dû à l’écriture du rap, j’étais un peu contraint à restreindre ma manière de rendre dans la musique et quand j’ai rencontré le slam je me suis dit que voilà une manière plus simple de pouvoir dire les choses tel quels sont. Déjà quand on remonte l’histoire de l’Afrique il existait des griots qui sont la mémoire d’un peuple, alors je me suis dit que c’est un art qui peut me permettre très facilement de rester moi-même en faisant passé mon message, c’est comme ça que je me suis intéressé au slam et depuis ça va très bien.

Lyric’Art : avez- vous déjà un contrat de production pour sortir un album ?

Hagb€ gopal Das : pour l’instant je suis en auto production car sous nos cieux ici, il faut d’abord faire des preuves et beaucoup ne se manifeste pas encore par rapport à la production mais je reste convaincu que ça vient, pour l’instant je prépare mon album que je sortirai très bientôt et j’ai déjà des single. J’ai déjà effectué beaucoup de tournées, de spectacles, de concerts pour faire connaitre mes chansons, mes thématiques à mon publique, à ceux qui me soutienne pour l’instant. Là j’entends faire un clip pour m’afficher au-devant de la scène grandiose et tout…

Mon but tout premier est de ne pas faire comme les autres. Avec mon staff on a trouvé judicieux de toucher le coeur de tous ceux qui n’ont pas forcement accès aux outils de communications, d’aller vers eux par les spectacles en les invitant ainsi ils savent ce que tu fais, et ceux qui sont des lettrés du 3ème millénaire peuvent découvrir Hagb€ gopal Das à travers les réseaux sociaux, les moyens de télécommunication et tout…

Lyric’Art : vous rencontré certainement des difficultés, voudriez- vous bien nous en faire part ?

Hagb€ gopal Das : l’éternelle difficulté c’est les moyens de faire parce que la matière y est mais les moyens pour pouvoir la réalisée n’y sont pas encore. Pour l’instant, l’artiste est à la fois au four et au moulin ce qui ne devrait pas être. En plus beaucoup d’opportunité sont offertes au monde artistique auxquels tout le monde n’a pas accès. Nous avons été entraîné dans une mentalité où on ne pense qu’à soit même avant de penser aux autres. Dans ce contexte, j’ai toujours le problème d’avoir des connaissances mais je reste convaincu que sa va aller. On a aussi un problème du lieu de spectacle. Un lieu où on peut se faire connaître publiquement. Il faut chercher à faire la promotion parce qu’en dépit de tout, quand on est artiste il faut se promouvoir. La conception que les gens ont de la promotion, n’est pas forcement ce qui est normale. Et finalement j’attends les moyens par un producteur ; une maison de production qui puisse m’accompagner dans cette lancé de pouvoir partager ma vision avec le monde.

Lyric’ Art : êtes vous déjà allé vers un promoteur ?

Hagb€ gopa Das : je continu toujours de sonner à des portes et par la grâce de mon travail je pense que sa va aller. En attendant, je rêve ; comme je l’ai dis il faut faire des preuves. Quand on fait des preuves, on s’attire d’autres personnes qui savent et qui reconnaîssent le talent que vous avez. Donc je continu de faire des preuves pour l’instant. Je ne vais pas dire que je ne connais pas des personnes mais j’attends toujours de voir et je suis ouvert à toutes personnes ayant une modeste envie de m’accompagner.

Lyric’Art : ceux que vous avez rencontré jusque la ont-ils été hostile ?

Hagb€ gopal Das : les gens soutiennent mais le soutient seul ne suffit pas. Il faut carrément accompagner. Je suis toujours comme je l’ais dis en auto production solo. Donc si vous avez des spectacles, je vous accompagne. Pour l’instant c’est seulement ça. Mais ce n’est pas seulement de ça qu’on a forcement besoin pour mieux réaliser ses rêves. Donc je vais dire qu’il n’y a plus de
retour plus agréable que ça.

Lyric’Art : quelles sont vos stratégies pour faire connaître le slam au béninois ?

Hagb€ gopal Das : pour l’instant, je vais dire que les grands slameurs on déjà eu le temps de faire connaître le slam à certaines personnes. Mais moi j’ai ma manière de faire. Je suis carrément le seul qui écrit dans ma langue maternelle (goun) ; donc je suis slameur en goun. C’est vrai que j’écris dans d’autre langue mais je suis plus connu dans ce style. En plus de sa, je trouve que c’est le seul moyen de pouvoir toucher les gens, de leur dire les choses comme ils veulent l’entendre comme ils doivent l’entendre. Et comme on le dit souvent en fon «nou é vè nou min on gbéminton min wè é nom dÒ do». Pour pouvoir faire connaître quelque chose à quelqu’un, ce n’est pas en parlent la langue des autres qu’il pourra forcément comprendre mais déjà avec sa propre langue quand tu lui explique il comprend. Donc c’est pour ça j’écris en langue goun et ce qui me permet de toucher en partie les jeunes, les vieux et toute les couches. Alors tout le monde se sent concerné quand tu parles sa langue. Quand vous vous retrouvez dans un milieu où on ne parle pas votre langue, vous vous sentez carrément seul. Mais dès que quelqu’un parle votre langue, vous vous interesser plus à lui.

Je ne vais pas dire que les béninois ne connaissent pas le slam. Quand vous commencez par faire un texte de slam on sent que vous êtes entrain de parler. Mais on sent qu’il y a un travail qui est fait. De cette manière il y a des poésies, des contes et donc le slam n’est pas si loin de ça. L’enssentiel est de passer un message à un moment donné, avoir quelque chose à dire.

L’autre manière est que j’ai crée un groupe appelé «trio grio» avec deux amis : mutu bamtu azulu et le sujet du verbe. Donc nous avons un festival que nous organisons chaque année qu’on appelle «slam sur mars » où nou réunissons tous les slameurs actif de la scène béninoise et des slameus d’ailleurs qu’on invite, des danseurs aussi et des humoristes à l’espace mayton à Calavi que beaucoup de personne connait. Nous en sommes déjà à notre 2ème édition.

En plus de ça, il y a un collectif auquel j’appartiens qu’on appelle Dja Slam où tous les deux mercredi nous organisons des scènes libres et on invite des amis, des connaissances, les amoureux du slam à venir écouter des textes de slameurs qui partage leurs émotions. C’est un creusé où il y a de l’éducation et du divertissement, en même temps qu’on s’amuse et on apprend beaucoup. Donc nous avons fait beaucoup de scène et on en fait encore, des concerts comme le slam3, une initiative de 778 léodie des mots qui est un dja slameur aussi qu’on a accompagné.On choisit des revues de Cotonou on y va, on fait des scènes de slam on parle aux vieux, à la grande maman, et aux jeunes.

Lyric’Art : que pourrez – vous dire aux jeunes qui désire faire du slam ?

Hagb€ gopal Das : oui je pourrai dire, pour bien faire il faut se former et c’est ce que nous avons fait et on continu à le faire. Alors s’ils sont intéressés à faire du slam, qu’ils s’approchent de ceux qui le font déjà parce que le tout ne suffit pas d’écrire il y a aussi un art ; l’art d’écrire, l’art de présenter sur une scène. Je ne cesse pas d’apprendre de mes ainés. S’ils doivent faire une carrière ou s’intéresser seulement au slam, qu’ils suivent des ateliers parce que moi je donne des ateliers de slam, le dja slam aussi est un creuset pour toutes personnes intéressés de bien vouloir se rapprocher de nous ; on peut l’aider et puis on l’aide à écrire ses textes et puis tout. Je dis il faut oser, rêver et réaliser ses rêves aussi. Donc j’encourage tous ceux qui sont intéressés par le slam de bien vouloir continuer sans que personne ne les décourage.

Lyric’Art : donc il existe des ateliers qui aident toutes personnes désireuses de slamer

Hagb€ gopal Das : oui il y a des ateliers. Moi j’ai suivi des ateliers d’ecriture de musique au CCF avec de grand musicien en plus de ça je programme de ces genres d’atelier quand des personnes sont intéressées ou je parle de différentes techniques de l’art d’écrire, de l’art de dire. Il est tres important de rappeler à toute personne qui veut faire l’art de se documenter, de s’informer de comment est – ce que le slam est né ; je parle de tout. Avec mon groupe «trio grio»nous allons faire des ateliers de slam dans des écoles primaires et secondaires où nous parlons aux enfants de cet art, les inciter à écrire. On peut découvrir de grand talent dès le bas âge chez ces enfants. Parce qu’on a eu le temps de découvrir que nos ateliers les aident beaucoup dans les épreuves orales.

Lyric’Art : que pensez-vous du show biz au Bénin ?

Hagb€ gopal Das : question piège. Comme je l’ai dis déjà sur une émission à BB24, le show bisness béninois n’est pas structuré, pas pour autant. C’est vrai on ne peut pas comparer nos pays aux Etats Unis et tout ça. Mais il n’y a pas un creuset qui permet à l’artiste, aux promoteurs, aux producteurs de bien structurer leurs actions ; ce qui fait que tout se fait comme on veut et en fonction de qui tu connais. Le show bisness je ne vais pas dire que ça ne vas pas ; ça va mais ce n’est pas encore ça. Il faudrait que les acteurs culturels trouve un creuset et formalise le déroulement. C’est-à-dire à partir des artistes, des musiciens, des promoteurs, des producteurs et tout ça qu’il y ait carrément une chaine permettant à toute personne de savoir qui fait quoi et qui ne fait pas quoi ; très important. Là on aura plus des artistes qui sont producteur, qui sont manageurs. Qu’on essai de structurer, on ne dira pas que l’Etat n’accompagne pas parce qu’il y a déjà un fond d’aide à la culture et c’est déjà quelque chose mais que les différents acteurs du show bisness, prennent leur responsabilité.

Lyric’Art : quels sont vos projets d’avenir?

Hagb€ gopal Das : ah ! J’ai des yeux plus gros que le monde. Je dirai amener ma langue ; mon style à l’échelle international, comme je l’ai dis rester demeurer l’ambassadeur de la musique, de la langue goun à l’échelle international comme déjà d’autre l’on fait et aller encore plus loin. Ma vision est d’abord spirituel, déjà comme vous l’aviez vu dans ma présentation c’est amené les hommes à prendre conscience de leur nature et à savoir qu’ils ne sont pas corps matériel et je pense que dans l’un de mes textes je disais que « plus l’amour nous moisonne mais le désamour nous empoisonne ». Donc c’est en partageant l’amour qu’on pourra construire un monde meilleur et c’est en restant nous même ; faut pas ressembler à l’autre c’est en s’acceptant qu’on peut devenir le meilleur.

Lyric ‘Art : avez-vous un appel à lancer à l’endroit de la population, à l’endroit des promoteurs?

Hagb€ gopal Das : oui je dirai si nous ne nous intéressons pas à notre chose, à nos valeurs culturelles, à nos langues, aux artistes, le Bénin je dirai même que le monde n’évoluera pas. Il est tres important pour le peuple béninois de comprendre que les artistes sont des ambassadeurs du peuple et il faut qu’on les accompagne quand les artistes ont des spectacles, qu’on les soutient, qu’on n’attende pas que les étrangers viennent d’abord avant de s’intéresser parce que c’est ce qu’on remarque. Il faut accompagner l’artiste dans ses initiatives. C’est en l’accompagnant que si on remarque que l’artiste ne fait pas un bon travail, on pourra lui donné des conseils et le guidé sur un bon chemin. L’art nourri son homme comme je le crois et beaucoup d’autre comme moi, l’art nourrit son homme. Et dans cette perspective, il serait bien que les promoteurs culturels respect les artistes et permettent aux artistes de s’exprimer et de mettre la personne qu’il faut à la place qu’il faut.

Lyric’Art : un mot à l’endroit de vos fans?

Hagb€ gopal Das : je ne ferrai que répéter les propos d’un homme influent du Bénin qui disait <<osez lutter, osez vaincre>>. Et je les inviterais à beaucoup me soutenir comme ils le font déjà. De bien vouloir permettre à la chose béninoise, à ma chose de bien vouloir s’éclore un peu plus. <<Osez lutter, osez vaincre>>.

Lyric’Art : merci à vous

Lyric’Art N° 0004 – Oct. 2014, itw : Gérolle ZEHE

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