Entretien : Honoré AKOGBEGNON “le Fâ dit toujours la vérité et avec certitude. Tout dépend du Bokonon qui vous fait la consultation…”

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Partie intégrante de notre vécu en Afrique, le Fâ est une réalité socio-culturelle, cultuelle et spirituelle qui s’impose et bouscule parfois les habitudes et les croyances. Hérité de générations antérieures qui s’en servaient à différents fins, il a migré un peu partout au point de devenir l’épicentre de hautes études et recherches tendant à cerner les contours de cette énigme.                                                   

S’il est cependant établit que le Fâ est une science dont les ardents défenseurs prône ses vertus de sauveurs, la religion le peint comme étant un instrument du diable à combattre avec la dernière rigueur.

Qu’en est-il réellement du Fâ et qu’est – ce qu’il faut en retenir ? Lisez cet article pour en avoir le cœur net !

Lyric’Art Mag : Bonsoir Mr Honoré AKOGBEGNON, vous êtes Socio – Anthropologue, praticien du Fâ, Rapporteur de l’Association des Bokonons (Prêtre du Fâ) du département des Collines, précédemment Secrétaire Générale des artisans de la sous-préfecture de Savalou d’alors.

Vous êtes aussi un coiffeur né, ce qui vous a valu d’être Secrétaire Général de l’Association des Coiffeurs et Coiffeuses de Calavi pour ne citer que ceux-là.

Merci de nous recevoir ce soir pour parler du Fâ, en Français Géomancie mais avant de commencer parlez-nous un peu de vous.

Honoré AKOGBEGNON : Oui, comme tu viens de le dire je suis Honoré AKOGBEGNON, originaire de Savalou de père et de mère. Je suis dans ma 42ème année, marié et père de trois enfants. Je n’ai qu’une seule femme contrairement à la plupart de mes collègues Bokonons. Je pratique le Fâ aujourd’hui.

Lyric’Art Mag : le Fâ est une réalité de chez nous ; d’un côté c’est un instrument du diable, de l’autre côté c’est une science, selon vous qu’est-ce que le Fâ

Honoré AKOGBEGNON : le Fâ comme tu viens de le dire est une science de l’art divinatoire qui permet de lire le futur. Quand vous êtes dans une situation qui vous semble un peu confus il faut recourir au Fâ mais l’efficacité du Fâ dépend du praticien. Tu viens de dire qu’à un bord c’est diabolique et à l’autre c’est scientifique. Je suis parfaitement d’accord et comme je le dis souvent, le Fâ est beaucoup plus orienteur que sacrificiel et cela dépend du Bokonon (Prêtre de Fâ) qui le fait. Si le Bokonon t’oriente mal cela ne peut que te paraitre diabolique.

Lyric’Art Mag : le Fâ est donc une science mais est-ce exact que cela vient directement de notre tradition ?

Honoré AKOGBEGNON : le Fâ ne vient pas que de notre tradition, cela existe aussi ailleurs sous d’autres appellations. L’origine même du Fâ est l’Egypte, et chez nous c’était les Yoruba qui le pratiquaient avant que la pratique ne se répande à d’autres régions. En Egypte comme en Inde on ne l’appelle pas Fâ par exemple, ce n’est pas que notre réalité, c’est l’appellation que nous lui avons donné ici sinon Le Fâ est universel.

Lyric’Art Mag : le Fâ est universel et de Cotonou à Haïti il véhicule toujours le même message et révèle les mêmes réalités mais le Fâ dit – il toujours la vérité ?

Honoré AKOGBEGNON : le Fâ dit toujours la vérité et avec certitude. Tout dépend du Bokonon qui vous fait la consultation. En fon ont dit « yé tè Fâ oun yé ni tè ayi ». Le Fâ ne parle qu’à travers des signes que nous interprétons et sa véracité dépend en grande partie de l’interprétation faite par le Bokonon. Selon cette interprétation le Bokonon peut bien t’orienter comme il peut te conduire dans le gouffre. Le Fâ en lui-même dit toujours la vérité, tout dépend du Bokonon.

Lyric’Art Mag : le Fâ est une science universelle. Il se traduit par interprétation de signes qui se représentent de diverses façons d’un pays à un autre. Mais dites – nous, sa pratique n’a t – il pas de conséquence dans les deux sens ?

Honoré AKOGBEGNON : la pratique du Fâ a sérieusement de conséquence sur le Bokonon. Cela a d’ailleurs plus de conséquence sur le Bokonon que sur celui qui vient consulter. D’abord le Fâ, si je peux le dire, n’est pas un métier vers lequel il faut aller pour s’enrichir. C’est un sacerdoce. Tu es Bokonon, par le Fâ tu oriente celui qui vient te voir pour consulter, à trouver une solution et s’il est reconnaissant, il revient vers toi pour te récompenser. Si tu es Bokonon et que tu veux t’enrichir du jour au lendemain avec le Fâ, les conséquences sont lourdes. Prenons par exemple, une personne que la sorcellerie dérange sérieusement au point de le ruiner. Il vient voir le Bokonon qui lui révèle dans la consultation du Fâ ses blocages et leur source et l’oriente dans les sacrifices et rituels pour s’en sortir. La personne sort l’argent et fait tout ce qui a été dit et trouve satisfaction. Le sorcier qui avait capturé sa proie ne va pas voir le Bokonon qui la lui a arrachée d’un bon œil ! Les conséquences sont donc là, et souvent ce sont les enfants qui en font les frais. Toi étant Bokonon, tu utilises des poudres, potions… chez toi ou ailleurs que tu ne pourras toujours utiliser pour tes enfants. C’est pourquoi généralement, quand tout marche bien pour un Bokonon son lieu de travail n’est jamais le lieu d’habitation de ses enfants.

Sur celui qui vient consulté par contre les conséquences ne sont pas énormes en ce sens que si le Bokonon fait bien il n’y a aucune conséquence a moins qu’il (celui qui est venu consulter) ne respecte les interdits parce que le Fâ a beaucoup d’interdit. Par exemple, tu vas consulter et le Fâ te révèle que c’est la consommation d’une nourriture qui bloque ton évolution. Si tu n’arrêtes pas de consommer cette nourriture tu auras toujours les mêmes problèmes.

Lyric’Art Mag : si je comprends donc bien, le fait de recourir au Fâ, d’aller consulter peut nous aider à évoluer, résoudre des problèmes mais dans le respect des interdit que le Fâ nous impose !

Honoré AKOGBEGNON : c’est un aspect applicable à celui qui est allé prendre le Fâ et non pour celui qui est allé faire une simple consultation. Il y a une différence là. Quand tu es allé te faire initier au Fâ, on dit Yé Xin Fâ qui est la première étape de l’initiation et Yé Yi Zounmè Bo tê Fâ qui consiste à aller dans la forêt sacré pour suivre des initiations plus approfondie, c’est la deuxième étape. Cette étape t’impose des interdits et si tu les respectes tu auras une vie heureuse.

Lyric’Art Mag : à partir de quand peut – on recourir au Fâ ?

Honoré AKOGBEGNON : En réalité on peut recourir au Fâ à tout moment mais la plupart du temps on va vers le Fâ quand on a une préoccupation, quand on est devant une situation un peu floue qu’on veut élucider. Par exemple, tu dois effectuer un voyage. Tu peux demander au Fâ «Dou tè dji oun non bo yi to élô mè bo éyon nou mi (sur quelle signe je peux effectuer ce voyage pour qu’il soit fructueux)», idem si je veux prendre une femme.

Lyric’Art Mag : est-ce à dire que l’assertion qui dit « nou non gnon nou mè tcho yé non yi kankpon  (on peut être heureux et aller consulter)» est fausse ?

Honoré AKOGBEGNON : non elle n’est pas fausse mais le constat général est que la majorité des gens ne viennent au Fâ que lorsqu’ils sont devant des situations floue et logiquement inexplicables. Celui qui n’attend pas une situation difficile avant de recourir au Fâ à le souci d’évoluer, de prévenir les éventuels chicanes.

Lyric’Art Mag : vous avez parlé un peu plus haut de « Dou », qu’est-ce que c’est ?

Honoré AKOGBEGNON : le Dou, le Fâ Dou, c’est le signe qui apparait quand le Bokonon jette le Akplè (perle divinatoire). Les principaux signes sont au nombre de seize (16) et ont chacune 16 filleuls ce qui donne au total 256 signes.

Lyric’Art Mag : 256 signes à interpréter, est – il vraiment évident que le Bokonon s’en sorte sans erreur ?

Honoré AKOGBEGNON : dans tout métier l’expérience s’acquiert au fil des ans et d’exercice. Il peut arriver que le Bokonon fasse d’erreur mais le bon Bokonon doit maitriser la plupart des signes. Quand tu prends un Dou (Signe), il y a les Dou Gbés (Paroles liés au signe). Il y en a cinq ou six voir dix par Dou (Signe). Le Bokonon qui en connait au moins quatre ou cinq, peut aborder le problème qui amène la personne qui vient consulter. Ce n’est pas nécessairement que tu dois connaitre tous les 10 gbés qui sont liés à ce Dou. Il y a des Dou qui ont beaucoup de Gbés et il y en a également qui en ont très peu. Ceux-là on les appelle les Yèkouvi qui sont difficile à expliquer mais les Gbévi sont par contre des Dou qui ont beaucoup de paroles, devinettes qui facilitent la compréhension et suscite l’admiration de celui qui vient consulter. Le Bokonon n’est pas obligé de maitriser tous les 256 Dou mais il doit maitriser au moins 200.

Lyric’Art Mag : les erreurs que le Bokonon peut faire dans l’interprétation des Dou ne sont – ils pas préjudiciable pour celui qui vient consulter ?

Honoré AKOGBEGNON : justement c’est bien préjudiciable mais c’est réversible. Je vous donne un exemple. Un célèbre Bokonon dont je tais le nom à fais le « Fâ titè » a une personne et dans la forêt sacré c’est le signe « LOXO AKLAN » qui est sorti. Pour donner à manger au Fâ de cette personne on ne doit pas utiliser l’huile rouge et par inadvertance ils ont utilisé l’huile rouge pour le faire. Alors cette personne malgré qu’il est allé vers le Fâ à évoluer de problèmes en problème jusqu’au jour où, parlant de son Fâ à un autre Bokonon, celui-ci lui posa la question si dans la forêt sacré ils ont utilisé l’huile rouge lors des cérémonies. C’est à partir de là que le Bokonon a dû purifier son Fâ et lui donner maintenant l’huile qu’il faut et tout est rentré dans l’ordre pour ce monsieur. C’est cette réversibilité qui fait dire au Bokonon « Dou débou non gnan lan an (aucun signe n’est mauvais)». Lorsqu’un Dou n’est pas bon, ce qu’il faut faire pour corriger la situation est toujours là.

Lyric’Art Mag : le Fâ donne t – il toujours des résultats favorable à la demande de celui qui vient consulter ?

Honoré AKOGBEGNON : je ne dirai pas que le Fâ ment parce que ce qui va venir dans 10 ans le Fâ peut te le dire aujourd’hui mais c’est dans 10 ans que ça arrivera. Si tu patiente un mois ou deux et tu ne vois rien, tu diras le Fâ a menti !

Un autre cas est que tu connais déjà la réponse à la question que tu viens poser au Fâ. Il te dira non. Ce sont des principes du Fâ qu’il faut connaitre.

Il y a aussi des situations où tu es prêt pour une action et tu viens consulter mais le Fâ te le déconseille sans autre alternative. Il y a des Fâ intransigeant. Je donne un exemple. Tu veux voyager et tu trouves lors de la consultation le Fâ LOXO TOULA. Même si tu as déjà le billet en main il n’y a aucun sacrifice à faire pour que tu effectues ce voyage, tu dois laisser carrément sinon tu reviens bredouille ou c’est ton cadavre qui revient.

Lyric’Art Mag : quelle est donc l’utilité du Fâ dans nos traditions ?

Honoré AKOGBEGNON : le Fâ est très utile dans nos traditions. C’est parce que nous négligeons le Fâ que les foyers ne vont plus à terme, qu’il y a beaucoup d’accident sur nos voies. Dans le bon vieux temps, avant d’entamer les grandes routes il y a des rituelles qu’on fait, ce qui limite les accidents. Aujourd’hui nous avons négligés tout ça.

Lyric’Art Mag : ça court les rues que le Fâ est la science du mal parce qu’il débouche souvent sur le VOXIXA (Sacrifice) qui consiste à immoler des animaux et c’est justement le sang qui coule qui symbolise le caractère démoniaque de la chose, dites – nous quelle relation existe – t – il entre Fâ et le VOXIXA  (Sacrifice)?

Honoré AKOGBEGNON : le Fâ et le VOXIXA (Sacrifice) sont deux entités a part mais complémentaires. L’un ne saurait exister sans l’autre. Par exemple, tu vas consulter sur une préoccupation et le Fâ te donne la réponse de ce qui te bloque mais pour pallier il faut faire tel Voxixa (Sacrifice). Si tu fais ce voxixa tu auras satisfaction.

Lyric’Art Mag : le voxixa est une entité à part et complémentaire au Fâ mais il fait souvent appel au Vodoun (Fétiche). Ces Fétiches sont aussi présents dans les Bo (Gris-Gris) et les Azé (Sorcellerie). Quelles différences peut – ont donc faire entre le Fâ, le Vodoun, le Bo et le Azé ?

Honoré AKOGBEGNON : le Fâ est l’éclaireur de toutes ces entités. Ils ont tous recours au Fâ. Une petite anecdote (interprétation d’un Dou): le Kou (la mort), le Azé et le Fâ sont des frères. Le kou est le grand frère, le Azé vient et le Fâ est le dernier. Quand ils sont venu au monde, leur papa qu’on appelle Mètolonfin (Dieu de l’univers) leur a demandé à chacun, « quelle force toi tu veux avoir pour gouverner ce monde ». le kou a dit « moi je veux la force pour aller finir les hommes ». Le Azé a dit : « moi je veux tout le pouvoir pour martyriser les hommes et arriver à un niveau je les amène à mon grand frères pour les tuer ». Le Fâ à son tour dit : « moi je veux sauver les hommes, je ne m’inscris pas dans la logique de mes grands frères ». Ainsi donc chacun a eu son pouvoir. Au fils du temps, lorsque le kou et le Azé prennent quelqu’un, le Fâ arrive à sauver la personne. A un moment, les deux frères ont voulu éliminer le Fâ pour avoir le champ libre mais des multiples tentatives, pièges et ruses ils n’y sont pas arriver. Alors les deux frères sont venus voir le Fâ pour faire un marché. Ils ont dit « nous acceptons te laisser les hommes que nous prenons si dans notre destruction de la personne nous n’avons pas encore dépassé la limite du récupérable. Mais si nous franchissons cette limite tu ne pourras plus rien pour lui ». À partir de ce jours, si quelqu’un est ensorcelé et qu’il n’a pas encore atteint la limite de l’irrécupérable et va vers le Fâ, s’il fait les sacrifices il a la vie sauve.

Le Fâ n’est pas le Bo, le Azé ou le Vodoun. Ce sont des entités a part mais c’est le Fâ qui parle au nom de toutes ces entités. Par exemple, un praticien du Bo qui ne connait pas le Fâ est limité et moins efficace que celui qui connait le Fâ. Je suppose que vous avez une boutique qui ne prospère pas et vous venez voir un praticien du Bo. Il peut vous faire quelque chose qui marche pour tout le monde mais qui ne marchera pas pour vous parce que cela ne va pas avec votre âme. C’est le Fâ qui lui dira de façon précise ce qui peut marcher avec vous. Il y a un signe ABLA HO DI qui dit (Panégyrique) yé no agbigbi wè dja ali so gbé ééé yèhoué tin tin lè miwxè, o Fâ wè gni daho lo bô vodoun on yé lè do …. C’est des choses liés mais qui ont leur compartiment.

Lyric’Art Mag : ce n’est pas pour vous désavouer mais j’ai compris par vos explications que le Fâ, le Azé et le Kou sont des frères. Est-ce que au final cela ne ressemble pas à un marché de dupe entre eux où l’homme est la seul victime.

Honoré AKOGBEGNON : (rire…) ce n’est pas un marché de dupe, l’univers est fait comme ça. D’abord tout être est mortel. Le Fâ repose sur les quatre éléments que vous connaissez ! L’eau, le feu, l’air et la terre qui sont logiquement contradictoire mais qui sont complémentaires et indispensable à la vie. Par exemple, le Azé ne se donne pas à tout le monde. Tu peux vire avec un azétô (sorcier) et manger avec lui tous les jours, si ton âmes n’accepte pas il ne pourra pas te le donner.

Lyric’Art Mag : comment devient – on alors Bokonon ?

Honoré AKOGBEGNON : il convient de nuancer. Toute personne qui a fait le Fâ ti tè (qui est allé dans la forêt sacré) est systématiquement Bokonon mais ne peut pas faire une consultation (n’est pas devins ou pratiquant). Certes il a passé la première étape mais il lui faudra encore un temps d’apprentissage auprès d’un Bokonon pratiquant Ainé chez qui il va acquérir les connaissances liées aux différents signes, les rudiments et rouages du Fâ. La transmission du savoir-faire du Bokonon est après tout orale. Détenir une grande documentation sur le Fâ est une chose mais la pratiques même regorge d’élément, de rituel, de paroles qui ne peuvent toutes y figurer. Et si on y ajoute le fait que la pratique du Fâ diffère d’une ethnie à une autre, d’une région à l’autre, l’apprentissage s’avère indispensable. L’inspiration du Bokonon à interpréter le Fâ dès que les Dou (signes) tombent lui vient aussi du Lègba (Fétiche). Le même Dou que tu as interprété très bien hier, peut venir aujourd’hui et tu seras en manque d’inspiration. Il est donc nécessaire de faire subir des initiations chez Lègba à tout futur Bokonon pratiquant afin qu’il ait cette inspiration.

Lyric’Art Mag : quelle différence peut – on faire entre le Bokonon et le Awonon ?

Honoré AKOGBEGNON : le Bokonon c’est le sauveur. C’est celui qui consulte le Fâ et qui aide à trouver solutions aux problèmes. Mais le Awonon, comme le nom le dit « Menteur » est l’escroc, celui qui ne connait pas du tout le Fâ ou qui connait à peine les 16 Dou et qui te raconte des mensonge pour t’arnaquer.

Dans la pratique, tous les Bokonon sont un peu Awonon mais dans quelle mesure ? Une personne vient consulter pour un problème. Tu trouves la solution qui ne prend que 10 000F mais toi tu lui dis 15 000F. On peut dire que tu es en ce moment-là Awonon mais c’est à juste titre parce que le Bokonon doit aussi vivre de son métier !

Dans le bon vieux temps, le Bokonon peut prendre juste 1000F pour régler un problème, si tu es satisfait et reconnaissant tu reviens lui faire un cadeau. Aujourd’hui les besoins ont évolués et les ingrédients à utiliser coutent de plus en plus chère.

Lyric’Art Mag : ne peut – on pas établir une grille tarifaire des prestations du Bokonon ?

Honoré AKOGBEGNON : ce ne serait pas possible juste parce que pour des Dou donnés, c’est le Fâ qui impose par exemple le type de sacrifice à faire et quel type d’animal utilisé. Le même signe peut exiger différent type de sacrifice en fonction des problèmes à résoudre. Il y a aussi le fait que parfois pour réussir un sacrifice, on ne discute pas la valeur marchande des éléments à utiliser, sans oublier qu’il y a des éléments peu courant sur les étalages des marchés et supermarchés.

Lyric’Art Mag : un conseil à l’endroit des lecteurs

Honoré AKOGBEGNON : je leur dirai que le Fâ n’est pas le Bo, ni le Azé mais le Fâ est une science qui oriente et qui ne ment jamais. Je les invite à faire l’expérience du Fâ mais prudence car les vendeurs d’illusion et les Awonon pullulent et proclame.

Lyric’Art Mag : un mot pour finir ?

Honoré AKOGBEGNON : je remercie le magazine Lyric’Art de m’avoir tiré la langue depuis plus d’une heure, c’est un plaisir et une fierté de savoir des jeunes s’intéresser à la chose culturelle traditionnelle et par la même occasion nous faire connaitre. Dieu vous aidera et vous donnera longue vie, à vous et au magazine. Pour plus d’approfondissement je suis joignable au +229 97 089 736

Lyric’Art Mag : c’est nous qui vous remercions, puisque ce n’est pas toujours évident de prendre autant du temps d’un grand Bokonon comme vous, Merci pour ce que vous faites pour la Culture et pour le triomphe de la Vérité.

 

ITW : Sinclair FADONOUGBO, Ghislain TOMEHO

 

Lyric’Art Mag N° 0056 – Mai 2018, @Lyric’Art Média / SF

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