BIMO : le temps est plus fort que la mort…

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Bimo

Lyric’Art : Bonjour BIMO ! Veuillez – vous présenter SVP

BIMO : on m’appelle Monkoun Innocent Bienvenu, je suis un artiste plasticien sérigraphe, mon nom d’artiste c’est BIMO.

Lyric’Art : Pourquoi avez – vous choisit BIMO comme nom d’artiste ?

BIMO : c’est pour avoir un surnom. BIMO égal :
B= Bienvenu
I= Innocent
M = Monkoun et le « O » je ne dis pas

Lyric’Art : qu’est-ce que l’art plastique ?

BIMO : l’art plastique c’est la création du monde parce que tout est parti de là. Sans l’art, l’homme ne peut pas vivre. D’abord dans l’art, on apprend que le dessin. Les premières créatures de DIEU ont été dessinées avant d’être réalisé. A ma naissance on m’a appris que les premières créatures de DIEU étaient Adam et Eve mais avant de les créer il a d’abord fait leur mascotte. La Mascotte, c’est le dessin, c’est pourquoi je dessine. L’art, c’est la création, c’est le commencement de toute chose sur cette terre

Lyric’Art : qu’est-ce qui vous a poussez à devenir artiste plasticien ?

BIMO : quand j’étais en classe de CP je dessinais, je faisais les cahiers de choix, les cartes d’Afriques… on faisait des tracés sur les tableaux à l’aide de pointes et après il suffit de passer la craie dedans et le dessin de la carte apparait. Donc c’est comme ça, j’ai commencé par dessiner et voilà où nous somme.

Lyric’Art : avez-vous suivi une formation dans ce domaine ?

BIMO : oui, ma maman ne voulait du tout pas que j’apprenne ce métier. Tu sais ce que ma mère m’a dit : dessiné, c’est quoi, ça va te donner quoi demain. J’ai fait d’abord l’apprentissage pendant 3ans et demi. Les promotions de Gilbert… paix à son âme. Même le président Mathieu KEREKOU le connait. Donc je fus son apprentis et j’avais passé des concours quand j’étais en apprentissage, il y avait un concours « journée de l’artisan ». Les 1ers, 2èmes et 3èmes étaient dans notre atelier. J’avais remporté le 3ème prix. C’était au temps du ministre Gatien HOUNGBEDJI.

Lyric’Art : avez – vous suivi une autre formation après l’apprentissage?

BIMO : oui après ce prix je suis devenu un peu célèbre et des gens me sollicitaient pour des évènements… donc après mon diplôme, ma maman qui ne m’avait pas trop suivi pour la formation, pour me récompenser, me demanda ce que je voulais faire ! C’est ainsi que selon mon voeux je me retrouvai à l’école des « beaux-arts » au Ghana où j’ai étudié les arts classiques. Les cours étant en anglais, j’ai dû suivre des cours accéléré d’anglais ce qui, ajouté au temps de formation m’amenais pratiquement à 4 ans. A la fin de la formation, je me suis trouvé un travail stable et je gagnais raisonnablement ma vie. Je me suis dit, je ne peux rien réaliser dans mon pays parce que la monnaie ghanéenne convertie en CFA ne vaut pas grand-chose. A mon arrivé, j’ai cherché à rencontrer le président de la fédération des artistes plasticiens. Au début je m’essayais à un peu de tout. Par
la suite j’ai été découvert par Mr Ousmane ALLEDJO, c’est lui qui m’a vraiment promotionné, je le remercie beaucoup, c’est lui qui a fait sortir mon identité, je lui dois tout. Je remercie également Raouf PEDRO, il était le meilleur journaliste culturel au Bénin. Il a écrit sur moi pour la première fois dans de grands magazines comme AMINA …..

Lyric’Art : Depuis quand exercer vous ce métier, Depuis quand êtes-vous artistes ?

BIMO : depuis environ 1998, pratiquement 20 ans

Lyric’Art : quelles sont vos expérience dans ce domaine ?

BIMO : j’ai participé à beaucoup d’expositions. J’ai fait des expositions avec Benjamin, Bamos, Grecs… Par exemple : Le festival « Miwononvi » que Ousmane organisait, à la place Lénine d’Akpakpa, « l’art de la vue » de HOUNKPE, les expositions au CCF Devenu Institut Français et aussi l’exposition « Waba ».

Lyric’Art : quels sont vos difficulté dans ce domaine ?

BIMO : nos difficultés… ce n’est pas facile hein, je ne le souhait même pas à mes enfants. On ne peut pas
comparer les artistes béninois avec les artistes Nigérians, ni les Ghanéens…

Lyric’Art : Et les Togolais !

BIMO : nous nous sommes plus avancés que les Togolais. Il y a de grandes personnalités qui nous connaissent, mais c’est les moyens pour travailler, nous avons le cerveau pour travailler mais le gouvernement ne veut pas nous aider, c’est grave, c’est très grave. Nous avons trop de difficulté. Regarde-moi qui est ici, je suis reconnu partout, il y a des gens qui m’appellent de Porto – Novo, Natitingou, Ghana … que parfois je ne connais pas et qui apprécient mes oeuvres et m’encouragent.
Lors d’une exposition, l’ancien ministre de la culture Ganiou SOGLO a remarqué mes peintures directes
sur tee – shirt, il m’a fait appel par la suite pour des commandes. Je reçois plein de gens pour des commandes, la Directrice du Centre Culturel Américain, l’Ambassadeur Français…. je veux bien faire l’exposition de mes tee – shirt mais on me bloque. On a même pas de galerie au Bénin et comment vous voulez qu’on travail connaisseur !

Lyric’Art : les encres n’existent pas au Bénin ?

BIMO : non, par exemple les l’encre à tee – shirt viennent du Nigeria et du Ghana mais d’autres encres viennent du Brésil. Ce sont des encres indélébiles, même avec l’eau de javel, ça ne va jamais s’enlever.

Lyric’Art : est – ce que l’art plastique est un métier d’avenir ?

BIMO : c’est comme le football, je me rappelle encore ce Samedi où le conseillé technique de l’ambassade de France, monsieur Richard Alain, est venu visiter mon atelier, il voulait acheter une toile que je n’avais pas encore parfait, alors j’ai refusé. Quelques jours plus tard, lors d’un vernissage au CCF, aujourd’hui Institut Français, il y était avec sa femme, et je lui ai notifié que j’avais encore travaillé sur la toile. Quand il est revenu me voir à mon atelier, il a prit cette toile à 300 000f en espèce.

Lyric’Art : le plasticien peut – il vivre de son art de nos jours ?

BIMO : oui, la preuve, c’est l’Art qui me nourrit !!! J’ai une femme et 2 enfants, j’ai acheté ma moto … j’ai mes clients…

Lyric’Art : quels sont vos projets ?

BIMO : mes projets, c’est d’ouvrir une école des beaux-arts au Bénin, j’étais professeur d’Art à l’ISMAC

Lyric’Art : quels conseils pouvez – vous donner aux jeunes qui voudrait un jour devenir plasticien ?

BIMO : c’est la patience, si tu n’es pas patient, tu ne peux pas faire l’art. La patience et ne pas mettre l’argent en la tête. Il faut souffrir pour gagner honnêtement sa vie, rien n’est facile et il n’y a pas que de l’argent dans l’art !

Lyric’Art : avez-vous un appel a lancé ?

BIMO : appel a lancé, ils ne vont pas venir, non je préfère garder ça pour moi, mes devancier ont dit ils n’ont pas écouté, je préfère garder ça.

Lyric’Art : un mot de fin?

BIMO : le temps est plus fort que la mort, chercher vos issues. Il faut beaucoup travailler au lieu d’attendre le gouvernement,
il a déjà fait pour lui.

Lyric’Art N° 0002 – Sept. 2014, itw : Sofiath OLOFINDI, Christian AYOSSO

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